Commune Libre

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Non seulement la commune n’est pas morte mais elle revient …

Si l’on peut obtenir que soit reconnue la commune par telle ou telle autorité, généralement après d’âpres combats, elle n’a pas besoin de cela pour exister. Elle n’a même pas besoin de charte, et quand il y en a une, il est bien rare que celle-ci fixe une quelconque constitution politique ou administrative. Elle peut avoir un maire ou pas. Ce qui fait la commune, alors, c’est le serment mutuel prêté par des habitants d’une ville ou d’une campagne de se tenir ensemble. Dans le chaos du XI° siècle en France, la commune, c’est se jurer assistance, s’engager à se soucier les uns des autres et à se défendre contre tout oppresseur. C’est littéralement un conjuratio, et les conjurations seraient restés choses honorable si les légistes royaux n’avaient entrepris dans les siècles suivants de leur associer l’idée de complot, pour mieux s’en débarrasser. Un historien oublié résume : « Sans association par serment, il n’y a pas de commune, et cette association suffisait pour qu’il y eût commune. Commune a exactement le même sens que serment commun. » La commune c’est donc le pacte de se confronter ensemble au monde. C’est compter sur ses propres forces comme source de liberté. Ce n’est pas une entité qui est visé là : c’est une qualité de lien et une façon de faire dans le monde.

Une commune s’attaque au monde depuis sont lieu propre. Ni entité administrative ni simple découpage géographique, elle exprime plutôt un certain niveau de partage inscrit territorialement. Ce faisant, elle ajoute au territoire une dimension de profondeur qu’aucun état-major ne pourra faire figurer sur aucune de ses cartes. Par sa seule existence, elle vient briser le quadrillage raisonné de l’espace, elle voue à l’échec toute velléité d’«aménagement du territoire » 

La commune se pense d’abord comme rupture concrète, avec l’ordre global du monde. La commune habite son territoire, c’est à dire qu’elle le façonne, autant que celui-ci lui offre un abri.

Le territoire de la commune prend corps, trouve voix accède à la présence. « Le territoire est notre espace de vie, les étoiles que nos voyons la nuit, la chaleur ou le froid, l’eau, le sable, les gravier la forêt, notre mode d’être, de travailler, notre musique, notre façon de parler. »…

Commune, c’est à chaque fois sortir le temps historique de ses gonds, faire brèche dans le continuum désespérant des soumissions, dans l’enchaînement sans raison des jours, dans la morne lutte de chacun pour la survie. Déclarer la Commune, c’est consentir à se lier. Rien ne sera plus comme avant.

A nos amis – Comité invisible – Edition La Fabrique P : 201

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