MANIFESTE

Manifeste des Pendarts, jardiniers pirates ! 

Nous, Les Jardiniers Pirates, Artivistes et Extravagant(e)s, avons ouvert le 28 février 2015 au 35 rue du bon pasteur (Lyon 1) « Le jardin des pendarts », un lieu collectif autogéré et partagé, une Zone autonome, un lieu d’expérimentation artistique, sociale, écologique et économique, le point de départ d’une nouvelle commune indépendante.

Nous avons mené ensemble une action conviviale et joyeuse. Nous avons choisi un endroit qui nous plaît, en bas de chez nous, dans notre quartier et nous sommes passés à l’action ! Entre ceux qui n’ont fait que passer et ceux qui y ont passé toute la journée, nous étions plus de 300 ce 28 février à exprimer notre envie de nature et notre besoin de liberté.

Nous espérons que cette fantaisie sera le premier pas de coté d’une nouvelle aventure humaine, qui va essaimer tout le quartier et au-delà.

L’espace public est un immense terrain de jeu, un monde que nous souhaiterions réinventer afin de le vivre pleinement. La rue n’est plus qu’une structure organisée par et pour les exigences de l’économie et de la croissance. Pourtant, l’espace public devrait être organisé selon les exigences de la démocratie et être vécu par chacun de nous. Il n’est pas aménagé pour être appropriable et c’est aujourd’hui la police, les services propreté et les encadrants culturels qui s’en occupent.

Avec nos plantes, nos graines et nos outils, nous avons squatté le terrain en attendant qu’il soit restitué de droit à ses habitants ! Nous ne demandons pas de titre de propriété, nous appelons à une restitution de droit. Nous sommes des indiens devenus ouvriers canuts maintenant culs nus, nous reprenons aujourd’hui le sol qui à été volé jadis à nos ancêtres. Nous sommes sur une terre d’histoire, celle des canuts, une histoire que nous réactivons maintenant. Nous nous inscrivons dans un mouvement global de reprise de la terre par ceux qui y vivent (ZAD, Incroyables comestibles, Zapatiste…).

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Notre jardinage est un acte moral face à une société immorale et à l’agonie qui a besoin de policiers pour maintenir ses injustices. Nous avons démontré ce 28 février 2015 que nous n’avons pas besoin d’être gouvernés. « Grow vegetables not government » Notre manifeste s’inspire des guérilla-garden. Nous utilisons le terme guérilla comme un trait d’humour afin de désarçonner les réactions policières à l’encontre de « criminels » qui plantent des fleurs et des légumes.

Nous sommes d’accord sur le fait que la propriété donne à l’humain un minimum d’intimité et de stabilité et que c’est essentiel pour chacun d’avoir un lieu où mener son activité, ses projets et s’épanouir. Nous ne nous intéressons pas aux terrains où le propriétaire a une « propriété d’usage » de son bien, qu’il le fait vivre et qu’il s’en sert. Mais si un terrain est dormant, s’il est délaissé alors que des centaines de personnes sont sur liste d’attente pour avoir accès à un jardin partagé, s’il ne sert qu’à satisfaire les logiques de spéculation ou de réserve foncière à de lointains projets encore mal définis, et bien nous nous permettons d’aller y jardiner ! Cette situation est trop scandaleuse pour que l’on ait des scrupules à en contrarier les logiques !

Dans ces interstices, ces espaces d’incertitude ou ces vides programmés, nous préférons y voir des jardins et des projets plein d’étincelles tant que de meilleurs sorts ne leurs sont pas donnés.

Nous n’avons ni envie de reproduire le mobilier urbain normé et monotone qui sécurise nos rues, ni de copier les styles de jardins que l’on nous vend aujourd’hui dans des expositions de design. Notre société de consommation pousse à jeter et à détruire ce qui est démodé ou éraflé, alors que nous pouvons le partager et lui redonner vie pour donner naissance à des jardins hors normes. Nous faisons appel à la création de jardin à moindre coût, avec des savoir-faire appropriables par tous. Nous bidouillons, nous expérimentons sans arrêt de nouvelles formes de jardinage, de culture et de guérilla de l’espace public.

Vive les jardins qui débordent et qui bourdonnent, les potagers façonnés par celles et ceux qui les vivent. Habiter, c’est bien plus que d’avoir juste un toit et répondre à nos préoccupations routinières, c’est étendre notre imaginaire, nos besoins de nature et l’expression de nos personnalités dans notre environnement immédiat.

Ce manifeste inspiré du mouvement guérilla-garden ne demande qu’à être mouvant, remis en question et redessiné à la convenance de chacun.

L’an 01, c’est commencé pour cette année, nous déclarons 2015 année 01, début d’une nouvelle ère basée sur le rire, l’utopie, l’amour libre et débridé, début d’un « nouveau monde amoureux » qui marquera la fin de la bêtise universelle civilisée.

Les jardiniers Pirates, Artivites et extravagants

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« Nous allons inaugurer le temps où l’homme va assumer sa destinée de penseur et de créateur en devenant ce qu’il est et n’a jamais été : un être humain à part entière. Et devenir humain signifie se nier comme esclave du travail et du pouvoir pour affirmer son droit de créer à la fois sa propre destinée et des situations favorables au bonheur de tous. » Raoul Vaneigem, L’état n’est rien soyons tout.

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Une réflexion sur “MANIFESTE

  1. Pingback: La Ville de Lyon part à l'abordage du « jardin pirate » des Pentes de la Croix-Rousse - | Rue89Lyon

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